Qu'est-ce qu'un geste d'artiste? Comment produire du sens face à la surproduction exponentielle d'images et de signes? Quel est le territoire d'une œuvre? Ces questions et bien d'autres sont la matière première des productions présentées ici. Ce questionnement mis en œuvre s'est longtemps bâti avec des matières tangibles (images, dispositifs, vidéo...). Depuis quelques temps michel delacroix explore d'autres écritures possibles, croise des pratiques, expérimente de nouvelles acceptations au terme « technique mixte »
en cours:

chez-robert, dispositif léger de montage de projets ambitieux
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>>> chez-robert.com le site
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"la voiture de francis"
450 x 170 x 155 cm / carton
contexte : 1912-2012 centenaire de la Route Jura-Paris
Célébration du 100e anniversaire du voyage Jura-Paris de Guillaume Apollinaire, Francis Picabia et Marcel Duchamp. Pendant la durée de l’événement cette voiture est garée devant la maison où ils séjournèrent .
5, 6, 7 octobre 2012 Village d‘Étival France 39130 | www.jura-paris-centenary.com
Toujours périlleux l'exercice de "l'hommage" ! Dans le contexte de cette manifestation initiée par Patrick Bailly-cowell, artiste et ami décédé subitement alors qu'il travaillait à ce projet j'ai pris le parti d'un geste léger, ludique qui pourrait aussi se dénommer "la voiture de francis devant chez patrick"
Cette voiture en carton est un clin d’œil au collectionneur de belles mécaniques qu'était Francis Picabia, une pièce supplémentaire absurde et dérisoire destinée à disparaître au lendemain de l'événement. Un seul matériau volontairement pauvre, un objet fragile et statique et en ce sens totalement inutile, un objet tout sauf sérieux dont on peut trouver une lecture dans l'anagramme de cARTon.
Au final, bien loin d'une nostalgie rassurante, juste un sourire.
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"cynthia"
Cynthia est une artiste protéiforme
Son parcours est atypique, son cursus reste énigmatique mais son ambition est
claire: s'inscrire dans le monde de l'art.
Sa production se nourrit de rencontres et d'échanges avec d'autres Cynthia
sans distinction d'âge, de milieu social ou de compétence.
Cynthia est portée par deux artistes, Patrice Ferrasse et mdlx. Dans
un premier temps ils ont eu l'idée de créer une fiction, une artiste imaginaire à
la production bien réelle. Cette première phase, aboutie lors d'une exposition,
a trouvé ses limites d'où la volonté d'incarner ce personnage. Dans la version
actuelle Cynthia est devenue une entité tangible.
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"faire un plan"
Cette exposition est la trace de rencontres insolites souvent émouvantes entre un artiste et des patients ou résidents de différents services du centre hospitalier de Lons-le-Saunier (chirurgie, médecine, maison de retraite, long séjour)
Pendant plusieurs mois je suis venu régulièrement dans ces services afin de rencontrer des patients, d'échanger avec eux. Lors de ces rencontres j'infléchissais progressivement la discussion sur le souvenir de trajets, de parcours ayant marqué leur vie. Ce biais plutôt anodin a permis d'établir une règle du jeu simple s'affranchissant de sollicitations trop personnelles ou intimes. Il s'agit de se remémorer un trajet que l'on a fait d'une manière répétée au cours de sa vie, domicile/école, domicile/travail par exemple et demander ensuite de faire le tracé de cet itinéraire sur une feuille. Une fois le plan amorcé les souvenirs remontent naturellement, les anecdotes reconstruisent un monde disparu.
Cette production s'est avérée très riche avec certains dessins très détaillés, explicites, lisibles, d’autres très épurés se résumant à quelques modestes lignes, un seul signe parfois... et dans chaque cas de figure une grande implication émotionnelle liée aux souvenirs qui remontent, au trajet concret qui se mue en trajet de vie.
Ces dessins sont des tranches de vie, chaque point, chaque ligne est la réminiscence d'un instant vécu maintenant disparu. Ces signes, ces tracés présentés sans légende s'affranchissent des anecdotes, transcendent les trajets individuels afin d'ébaucher une cartographie générique conservant la densité et la charge émotionnelle initiale.
>>> voir les images
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à propos de faire un plan et plus généralement sur le travail de mdlx
un texte de Michèle Theureau / octobre 2010
L’art s’affirme dans sa capacité à questionner les arrières mondes de la création .De fait, il s’affirme aussi dans sa capacité à élaborer des plans B .
C’est sur cette attitude que s’articule le travail de MDLX .
Avec une légèreté et une acuité critique aïgue.
De ces qualités résulte un corpus d’oeuvres et de dispositifs qui interrogent d’abord le contexte de l’art.
Qu’il s’agisse de questionner la pérennité de l’oeuvre , les conditions de son emergence, son mode de reception , la légitimité du système qui l’entoure... MDLX opère par éclatement des procédures et des codes établis pour ouvrir à des interprétations inédites .
Ainsi, il réactive des processus ,croise des pratiques , ressucite des artistes ...
Avec cette fascination pour ce qui va advenir , MDLX nous suggère un endroit des possibles . Il élabore et réunit dans “un creuset du complot “ (en référence au titre éponyme de son installation “Melting Plot” - 1998 - Getty Center - Los Angeles) un réseau de connivence.
En restaurant une liberté de questionnement,MDLX nous propose une oeuvre ouverte, à déployer, à partager.
Faire un plan donc.